Dominant la partie nord de l’île de Lombok, le volcan Rinjani (Gunung Rinjani en Bahasa) culmine à 3726 mètres d’altitude, ce qui en fait le deuxième volcan le plus élevé d’Indonésie après le Kerinci de l’île de Sumatra. Une caldeira – la caldeira Segara Anak – loge au sommet, contenant un lac du même nom, ainsi qu’un cône volcanique actif, le Barujari.
La bonne nouvelle, c’est que ce volcan encore actif (la dernière éruption datant de septembre 2016) se situe au cœur d’un parc national qui offre de nombreuses possibilités de trek. Sur un, deux, trois voire quatre jour, ils permettent de partir à la rencontre de la faune et la flore locale, mais aussi (et surtout) de faire l’ascension de ce mont sacré. La moins bonne, c’est que ça n’est pas forcement évident. Ayant grandi au milieu des terres volcaniques de l’Auvergne, aller titiller les volcans d’Indonésie était pour moi une obligation… Rinjani, me voilà !

Sommaire de l’article

Carte du Rinjani

Rinjani, à nous deux !

Après une bonne nuit de sommeil dans la homestay Pondok Gunung Baru de Senaru, j’engloutis un frugal petit déjeuner, durant lequel je fais la connaissance des dix autres personnes qui composeront notre groupe. Nous partons ensuite en direction de notre point de départ, le petit village de Sembalun, situé à 1100 mètres d’altitude, accompagnés de Adi – notre guide – ainsi que d’une demi-douzaine de porteurs, qui transporteront équipements de cuisine, de camping, la nourriture, l’eau… Soit au minimum 15 kg.
Aux alentours de 9h, notre fine équipe se met en route, pour ce premier jour sensé être un échauffement. « Échauffement ». Inutile de vous dire qu’après quelques dizaines de minutes de marche, je me transforme en véritable cascade. Nous avançons à bon rythme, dans un décor très aride… Et riche en déchets plastiques. Ce mois de septembre signant la fin de la saison sèche, ce n’est donc pas étonnant que tout soit si jaune et sec, malheureusement.

Trek Rinjani jour 1

L’ocre laisse place au vert sinople au fur et à mesure que nous montons en altitude et que la température descend de quelques degrés, tout comme le bleu du ciel est remplacé par le gris des nuages dans lesquels nous pénétrons. Le décor en devient jurassique. La montée s’accentue, mes mollets sont en peine. Le crépuscule approchant, nous sortons enfin la tête des nuages, je crie victoire : le bord du cratère est tout près, les tentes des premiers arrivés sont déjà montées ici et là. Cette première journée est terminée, le cadre où je passerai la nuit est magnifique, et je me trouve à une altitude de 2639 mètres, point le plus haut où j’ai mis les pieds.

Les porteurs montent le camp, épaulés par Adi… Alors que je tourne mon regard vers l’ouest, face au soleil qui m’inonde de ses derniers rayons. Le coucher de soleil qui s’en suit sera un des plus beaux couchers de soleil qui me sera donné de voir durant ce voyage.

3627 mètres : point culminant du Rinjani

2h du matin. Après 1h de sommeil (Éole ne s’étant pas entendu avec Morphée), Adi vient nous réveiller : il faut se dépêcher d’aller au sommet pour voir le soleil se lever. C’est là que commence une épreuve qui a été l’une des plus dures de ma vie, aussi bien physiquement que mentalement.

Esprit embrumé, la montée commence dans une ambiance surréaliste. Je me joins à la procession de toutes ces petites lumières des lampes frontales qui scintillent sous le ciel étoilé, où l’on devine le sommet qui se dessine dans la nuit, semblant s’éloigner à chacun de mes pas. La (très) mauvaise qualité de mes chaussures n’aidant pas, je me jette avec toute ma motivation sur ce chemin où s’entremêlent poussières et roches volcaniques.
Nous perdons 4 coéquipiers en route. Ma montée est entrecoupée de pauses où moi-même, j’envisage la renonciation. Mais je finis toujours par repartir à bout de souffle. L’horizon se teinte. Je sens que je vais arriver trop tard. Mais non ! J’atteins le sommet du Rinjani 20 minutes avant le lever du soleil. Je reprends mon souffle, m’emmitoufle dans le sac de couchage que j’ai embarqué avec moi (température ressentie : 0-2°C), et observe. Le jour naissant, la fatigue laisse enfin place à la satisfaction et à la contemplation. Contre mon attente, la plus belle part de spectacle se trouve derrière moi, vers l’ouest, plutôt que face au soleil levant.

Après une descente ô combien plus rapide et un petit déjeuner ô combien apprécié, la fine équipe se remet en route. Nous devons maintenant descendre dans le cratère jusqu’au lac, puis le remonter sur le versant face à nous, pour y passer la nuit. Le chemin s’avère moins escarpé, mais néanmoins plus difficile techniquement et aussi plus glissant. Une heure ou deux avant le zénith, j’aperçois au loin des reflets bleus cobalt venant jurer avec la végétation aux reflets dorés.

Le Danau Segara Anak, ce fameux lac en forme de croissant, m’invite à me baigner. À deux pas, des sources (vraiment très) chaudes jaillissent de fissures logées au creux de la montagne. Je profite de ce SPA naturel afin de soulager mes jambes endolories avant d’engouffrer mon Nasi Goreng, et de faire une petite sieste. Je me réveille en sursaut alors que tout le monde est prêt à repartir.

Lac du trek du Rinjani

Mes pensées se tournent une fois de plus vers les porteurs, chargés comme des mules et portant de simples tongs alors que le chemin prend des allures de parcours d’escalade. Pour ne rien arranger, Adi a décidé de camper plus loin et non pas au bord du cratère, pour être à l’abri du vent qui risque d’être puissant, cette nuit encore. Je me fais donc sucrer un coucher ET un lever de soleil. Les heures passant, mené par mon mental uniquement, je parviens enfin au bord du cratère et continue sur un chemin beaucoup plus simple à arpenter. Je dis adieu au sommet du Rinjani, qui m’aura donné bien du fil à retordre. Une mer de nuages s’offre à moi, tandis que je contemple les dorures de la végétation complètement sèche, exaltées par la lumière de cette fin d’après-midi.

Paysage du Rinjani

La steppe laisse finalement place à la forêt, où je marche quelques dizaines de minute avant d’atteindre le campement où les tentes sont déjà toutes montées. Le plus dur étant fait, nous nous détendons tous autour d’un feu de camp, et je serai l’un des premiers à rejoindre un sommeil sans rêves.

Suite et fin du trek du Rinjani

Je me réveille aux aurores, alerté par l’agitation régnant dans les branches des arbres autour de ma tente. Petit déjeuner déjà prêt, des singes ont flairé la bonne affaire, et se regroupent par demi-douzaines autour du camp, espérant grappiller quelques restes. Nos porteurs jouent un temps avec les macaques, puis nous attaquons la dernière partie de ce trek, de loin la plus simple. Dans la jungle, l’atmosphère est beaucoup plus fraîche, la pente est aussi moins raide. Adi m’a dit que l’on pouvait même apercevoir des singes noirs. Faisant cavalier seul, j’espère sans grande conviction avoir cette chance. Je n’y croyais plus quand, 30 minutes avant d’arriver, une masse informe, perchée à une dizaine de mètres, attire mon attention : je l’ai vu, mon singe noir !
J’aperçois finalement la porte d’entrée du parc, du côté du village de Senaru (601 m). Enfin, c’est terminé. Ah non, pas tout à fait ! Problème de voiture, notre groupe doit finir à pied jusqu’à la guesthouse d’où nous étions partis.

Éreinté mais satisfait, je ne pense qu’à ma prochaine destination : l’île de Gili Air.

Conseils pratiques sur le Rinjani

Récapitulatif du trek du Mont Rinjani

Pour faire l’ascension du volcan Rinjani, j’ai pris une option 3 jours / 2 nuits avec un départ au village de Sembalun (1100m). Un départ à partir de Senaru (601m) est aussi possible, mais c’est plus dur physiquement : non seulement on part de plus bas, mais l’ascension du sommet et toute la descente se fait le dernier jour. Pour les effrayés de la difficulté, il est possible de faire 4 jours / 3 nuits.
En partant donc de Sembalun, ça se passe comme ça :

  • Jour 1 : 1500m de dénivelé positif
  • Jour 2 : 1000m de dénivelé positif en partant à 3h du matin pour voir le lever du soleil (là, ça pique), suivi de 1700m de dénivelé négatif puis 600m de dénivelé positif. Ouf !
  • Jour 3 : 2000m de dénivelé négatif pour retourner à Senaru
  • Trajet du Trek RInjani

    Quelle agence choisir pour organiser son trek du volcan Rinjani ?

    J’ai fait ce trek avec la compagnie Rinjani Trek Centre. Concernant cette compagnie, tout s’est bien passé. Je regrette tout deux même deux choses : Adi ne parlait pas très bien anglais, donc c’était compliqué d’accéder aux informations de manière générale ; et les matelas étaient épais comme des pointes de 120, donc les nuits étaient relativement inconfortables. Pour plus d’informations, je vous renvoie sur leur site (en anglais) ou toutes les possibilités sont bien expliquées. Ils existent beaucoup d’agences que vous pouvez contacter par mail (plus cher) ou directement sur place (possibilité de négocier le prix), je n’ai cependant aucune informations à partager là-dessus.

    Quel prix pour le trek du Rinjani ?

    Concernant le prix du trek, ne vous faîtes pas avoir. J’ai payé 1 500 000 IDR en réservant avec Miran (qui n’a pris aucune commission), le propriétaire de ma guesthouse à Kuta Lombok. Ce prix incluait en plus du trek le pickup à ma guesthouse (donc tout au sud), la nuit à Senaru, et le transfert sur Gili Air. Dans mon groupe, certaines personnes avaient payé le double de moi ! De manière générale, les prix pour le trek du Rinjani comprennent :

    • Le logement la veille du trek à Senaru
    • Les frais d’entrée au parc du Rinjani
    • Les repas et l’eau. Après l’eau en bouteille, c’est de l’eau de rivière. Si vous êtes parano, emportez les petites pastilles désinfectantes ou les gourdes filtrantes.
    • Visite d’une cascade le jour précédent ou finissant le trek
    • Petit-déjeuner le matin du trek avant le départ
    • Drop-off après le trek
    • Tout l’équipement de camping

    N.B. : Prévoyez des tips pour les porteurs !

    Équipement indispensable pour le trek du Rinjani

    Prévoyez de bonnes chaussures et des vêtements suffisamment chauds. C’est indispensable. Et aussi une lampe frontale pour la montée de nuit ! Au sommet du Rinjani, il fait vraiment froid, et le vent souffle fort : il en résulte des températures avoisinant les 0°C. Ne faîtes pas l’erreur de l’idiot que je suis j’étais : prenez des chaussures un minimum correctes et évitez la tendinite au genou. L’agence peut éventuellement vous fournir de l’équipement (de basse à moyenne qualité) contre quelques roupies. Pour le reste (bâtons de marche, barres énergétiques, lingettes hygiéniques), à vous de gérer !

    Quelle est la difficulté du trek du Rinjani ?

    Concernant le point de la difficulté de ce trek, tout est relatif. Si vous avez un bon mental, tout est possible. Me concernant, j’ai réussi ce trek alors que je n’ai ni entraînement ni condition physique particulière. Cela n’a pas été évident (surtout parce que j’avais de très mauvaises chaussures), mais je l’ai fait !

2 Commentaires

  1. Salut Mr. F Junior dit « Le thibaut »…
    Je viens juste de faire connaissance de ton « Blog » de l’arbre et la prirogue grace à Joel qui viens de me faire parvenir cette information.
    Wow… très intéressant.
    Cela doit te changer des bosons (de Higgins): la symmetrie de l’univers ou le chaos d’un multiverse?
    Congratulations for your ascent of this volcano.
    So the first day you had about 1500 m of elevation gain and the next day another 1000 m. That’s impressive! And quite an accomplishment.
    Lots of people have breathing difficulties at this altitude.
    Fortunately no rock scrambles or glacier traverse full of crevasses…
    Was your pack also 15 kg like those of the porters? And of course a good pair of shoes would have been great.
    Kudo Mister F Junior.

    • Salut mon oncle !
      C’est vrai que ça me change de la résolution de tous ces hamiltoniens…
      So, well, let’s switch to english ! 🙂
      Of course it was an accomplishment for me, but the problem is that I want to do other stuff like this now, haha.
      My pack was just around 3-4 kg, far enough for me… those porters are so powerfull !
      I’ll bring good shoes with me, when i’ll visit you in Calgary… 😉
      Kisses my uncle !

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