Pour un voyage écoresponsable

Parce que le voyage écoresponsable, c'est moins dur que ce que l'on croit. Et qu'on peut commencer, doucement mais sûrement, à adopter une attitude plus respectueuse envers la planète, ses habitants, et nous-même. De simples gestes de tous les jours, applicables aussi pendant le voyage, c'est déjà beaucoup.

Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants.

Proverbe africain ou amérindien

repris par Antoine de Saint-Exupéry

La foule à Angkor Wat. Les déchets du Mont Rinjani. Le projet de construction d'un hôtel en bas du volcan Yasur. La déforestation. La mort de la petite île de Gili Air. Les forêts noyés dans la province de Khammouane. Les constructions de routes sur Vanuatu. Les pannes d'électricité. Les couvertures de 5kg quand il fait froid. Les poulets, cochons, boeufs, buffles... Vraiment élevés en plein air. Les mangues, papayes, noix de coco cueillies sous mes yeux juste avant d'être savourées.

Toutes ces choses (entres autres) ainsi que mon premier roadtrip ont conditionné le voyageur mais aussi l'être humain que je suis devenu. J'ai commencé à ouvrir les yeux (et je continue peu à peu) sur l'impact qu'a l'homme sur la planète, et de quelle manière je peux participer à la réduction de cet impact. Adopter une bonne attitude afin de faire un voyage écoresponsable, ça n'est pas si dur que ça. Je ne parle pas de bannir tout ce que la technologie nous apporte, ceci est un autre débat.
Non, je parle de petits gestes simples, que n'importe qui peut faire à son échelle. Ce qui est drôle, c’est que j’ai retrouvé il y a peu ces mêmes conseils (à 3 près) sur le blog du Collectif Éco'Green, que je me suis empressé de contacter afin de les soutenir.

Les 8 préceptes pour un voyage écoresponsable

Apprendre
quelques mots

Afin de créer des situations inoubliables en vous intégrant parmi la population. Utilisez les petits précis de vocabulaire mis à disposition dans les bilans de chaque pays.

Consommer
local

Afin de faire marcher l’économie locale : manger dans les petits boui-boui plutôt que dans les restaurants. Non seulement c’est meilleur, mais cela favorise en plus l’interaction avec les gens du coin. Même si c'est plus cher, prendre de l’essence chez les petits revendeurs en bouteilles si on se déplace en scooter. Pour les organisations de tours, préférer passer par de petites agences locales plutôt que par des ONG ou des agences ayant le monopole sur le pays (par exemple Green Discovery au Laos).

Respecter
les habitants

Ainsi que leurs coutumes, même si on ne les comprend pas toujours. Éviter les tours safari humains, du type "Immersion garantie dans un village au coeur de blabla". Est-ce que ces gens sont contents de voir passer des cars de (voire plus) touristes par jour dans leur village tranquille ? Pour ma part, j’ai eu l’occasion de faire ce genre de tour, et j’ai parfois eu la sensation de ne pas être le bienvenu. Alors certes, ça leur rapporte de l’argent, mais à qui exactement ? Pour quelle contrepartie ? Comment être sûr de la part allouée ?

Respecter la faune
et la flore

Parce qu'il est très facile de bouleverser un éco-système, et parce que la nature n'est pas un zoo, on touche avec les yeux.

Laisser
uniquement
des traces de pas

Comme un écho au précepte précédent, mais aussi afin de sensibiliser les populations locales.

Privilégier les
transports
en commun

Un moyen de transport moins polluant est aussi moins cher et bon pour la santé (Mea Culpa, j’ai traversé le Vietnam à moto).

Adapter
sa tenue
au pays

Renseignez-vous avant de partir sur ce qui se fait ou non, et faites votre valise en rapport.

Demander
avant de prendre
une photo

Demander avant de prendre une photo : les gens ne sont pas des animaux. Une femme nue dans la rivière à côté des canards, juste là pour se laver, on ne la prend pas en photo sous prétexte que c’est exotique (cette histoire m’a été racontée) !

Le collectif éco'green

ecogreen-logo-300px

Fondé par Coralie en 2015, ce collectif regroupe quelques blogueurs véhiculant leurs idées sur le voyage écoresponsable et durable. Je pense, comme eux, qu'il est urgent et vital de préserver notre Terre et nos terres, et cela passe aussi sur notre façon de voyager, à tous.
Si vous aussi, vous voulez rejoindre ce cercle ouvert, n'hésitez pas à les contacter en cliquant sur leur petit logo prairie pour visiter leur site, ou en partageant sur les réseaux sociaux via le hashtag #ecogreen.

Consommer moins, consommer mieux

La chose qui m'a le plus choqué lors de mon arrivée sur Bali a été les déchets plastiques répandus partout. Je fustigeais contre ces personnes sans aucune conscience écologique. Puis la colère passe, et vient le temps des questions. Est-ce que ces personnes ont reçu une éducation ? Des infrastructures pour le tri et le traitement des déchets existent-elles ? Clairement, non. Au final, on s'aperçoit que ces déchets plastiques ne sont que la partie visible de l'iceberg.
Même si ce chiffre ne reflète pas toute la situation, regardons la liste des pays par émissions de dioxyde de carbone par habitant. Où se situe la France, par rapport aux autres pays que j'ai visité ? Remettons nous donc à notre place, puis lisons cette petite légende :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »

Le petit colibri que je suis essaye du mieux qu'il peut de faire sa part. Mais comment ?

Tout d'abord, j'ai diminué ma consommation de viande. Je ne vous le cache pas, je raffole des viandes et charcuteries en tout genre (je suis auvergnat). C'est dur, mais je le fais. J'essaye de consommer local. C'est peut-être plus cher, mais je préfère maintenant manger moins et mieux. Comment pourrais-je acheter des produits de moindre qualité et venus de je ne sais où, sous prétexte que c'est moins cher, alors qu'un agriculteur se suicide tous les deux jours ? De plus, je saurais d'où viennent ces produits que je pourrais plus facilement contrôler.
Je consomme aussi des fruits et légumes de saisons. Donnez moi une raison valable de manger des fraises en plein hiver (excepté par pur plaisir) ? J'enfile un pull de plus plutôt que pousser le chauffage quand il fait trop froid, je prends mon vélo ou mes jambes plutôt que ma voiture, je préfère prendre des douches plus courtes et moins chaudes... la liste pourrait être bien plus longue que ça, mais j'essaye de tendre vers un comportement limitant cette surconsommation, puissamment ancrée aujourd'hui dans nos cultures occidentales.

En citant ce dernier point concernant la douche, je ne peux m'empêcher de penser à cette femme de foi de Vanuatu me demandant le plus sincèrement du monde et avec son plus beau sourire : « s'il vous plait faites attention à votre consommation d'eau pour vos douches, la saison sèche n'est pas terminée et nous n'avons presque plus d'eau ». Les habitants de ce village utilisaient l'eau de pluie récoltée durant la mousson pour se laver, cuisiner, boire.. toute l'année. Après ça, comment puis-je rentrer chez moi et me prendre une douche à 38°C, pendant 5-10 minutes, avec de l'eau potable ?